Article de fond · 12 octobre 2026

Impôt sur le revenu en 2026 : barème, tranches et taux marginal

Comment fonctionne un impôt progressif par tranches

L’impôt sur le revenu (IR) est calculé à partir des revenus imposables du foyer fiscal et de sa situation familiale. Après la détermination du revenu net imposable, l’administration applique un barème progressif : chaque fraction de revenu est soumise au taux de la tranche dans laquelle elle se situe. Contrairement à une idée répandue, le franchissement d’un seuil ne fait pas basculer la totalité du revenu au taux supérieur.

Le barème s’applique au revenu rapporté à une part de quotient familial. L’impôt issu de ce calcul est ensuite multiplié par le nombre de parts, puis ajusté, selon les situations, par le plafonnement du quotient familial, la décote, des réductions ou crédits d’impôt. Le prélèvement à la source organise le paiement pendant l’année ; il ne remplace pas le calcul annuel de l’impôt sur les revenus finalement déclarés.

Le barème 2026 applicable aux revenus de 2025

La loi de finances du 19 février 2026 a revalorisé les seuils du barème de 0,9 %. Pour chaque part de quotient familial, les taux et limites sont les suivants :

  • 0 % jusqu’à 11 600 € ;
  • 11 % de 11 601 € à 29 579 € ;
  • 30 % de 29 580 € à 84 577 € ;
  • 41 % de 84 578 € à 181 917 € ;
  • 45 % au-delà de 181 917 €.

Les seuils sont exprimés pour une part. Ils ne correspondent pas à cinq catégories de foyers auxquelles serait appliqué un taux unique. Le revenu imposable d’une personne peut traverser plusieurs tranches au cours du même calcul. Il faut également distinguer revenu brut, revenu net imposable et revenu fiscal de référence : ces notions ne sont pas interchangeables.

Le barème est fixé par la loi. Son indexation sur l’inflation est une décision législative renouvelée chaque année, non une revalorisation automatique intangible. Une hausse des seuils peut limiter l’augmentation de l’impôt provoquée par une hausse nominale des salaires ; inversement, leur gel, à revenus nominaux en hausse, peut faire progresser la part imposée dans les tranches supérieures.

Taux marginal et taux moyen : deux mesures différentes

Le taux marginal d’imposition est celui de la dernière tranche de revenu atteinte par le calcul. Le taux moyen rapporte l’impôt finalement dû au revenu retenu comme dénominateur. Le second est normalement inférieur au premier dans un barème progressif, car les premières fractions de revenu sont taxées à des taux plus faibles. Les effets des réductions, de la décote ou des crédits d’impôt peuvent encore modifier le taux moyen effectivement observé.

Service-Public.fr donne l’exemple d’un célibataire disposant de 30 000 € de revenu net imposable et d’une part de quotient familial. L’impôt résultant du seul barème est de 2 103,99 € : 1 977,69 € sur la fraction imposée à 11 % et 126,30 € sur celle imposée à 30 %. Cela représente 7,01 % du revenu net imposable au titre de l’impôt avant autres éventuels ajustements. Le contribuable se trouve pourtant dans la tranche marginale à 30 %. Ces deux pourcentages décrivent des réalités différentes, sans contradiction.

Le taux marginal ne suffit donc pas à établir l’effet d’une réforme, qui dépend aussi des seuils et du reste de la situation fiscale.

Le quotient familial et le quotient conjugal

Le quotient familial traduit la composition du foyer en nombre de parts fiscales. Un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune dispose en principe de deux parts, auxquelles peuvent s’ajouter des parts ou demi-parts pour les enfants à charge. Le mécanisme réduit le revenu soumis au barème pour chaque part, puis reconstitue l’impôt du foyer. Les économies liées aux parts supplémentaires des enfants sont plafonnées dans le cas général à 1 807 € par demi-part en 2026. Des plafonds particuliers existent notamment pour certains parents isolés. L’avantage lié à l’imposition commune des conjoints n’est pas soumis à ce même plafonnement.

Une réforme du quotient conjugal n’aurait pas les mêmes effets qu’une modification du plafond par enfant. Le dossier consacré au quotient familial et conjugal explique cette distinction. La répartition des revenus entre deux conjoints modifie également les effets de l’imposition commune.

À quoi sert la décote ?

La décote est un mécanisme de diminution de l’impôt calculé pour les foyers dont l’impôt brut reste sous un certain seuil. Pour l’imposition en 2026 des revenus de 2025, elle intervient lorsque l’impôt brut est inférieur à 1 982 € pour une personne seule ou à 3 277 € pour un couple imposé conjointement. L’administration l’applique automatiquement lorsqu’elle est due.

Son montant correspond, pour une personne seule, à 897 € moins 45,25 % de l’impôt brut. Pour une imposition commune, il est calculé à partir de 1 483 € moins 45,25 % de l’impôt brut. Le mécanisme réduit donc le montant à payer dans une zone de faible imposition. Il ne modifie pas les seuils officiels des tranches et ne doit pas être confondu avec une nouvelle tranche à taux zéro.

Environ la moitié des foyers fiscaux ne paient pas d’impôt sur le revenu. L’absence d’IR ne signifie pas absence de prélèvements : un foyer peut supporter la TVA, la CSG et d’autres taxes. Inversement, payer de l’IR ne signifie pas que la totalité du revenu est imposée au taux marginal.

Quelles modifications sont envisagées pour 2027 ?

Le projet de loi de finances pour 2027, déposé le 1er octobre 2026, propose de relever les seuils du barème de 2,1 %. Le ministère de l’Économie présente cette mesure comme un moyen d’éviter, à revenus comparables, une augmentation liée à l’inflation. Le projet reste en examen : la proposition ne doit pas être présentée comme le barème définitivement applicable aux revenus de 2026.

La France insoumise défend depuis plusieurs années un nombre de tranches plus important, un taux marginal supérieur pour les plus hauts revenus et une remise en question de l’imposition conjugale. Ces propositions renvoient à des programmes et prises de position antérieurs ; leurs paramètres et leur reprise exacte dans un programme définitif 2027 doivent être vérifiés avant tout calcul individuel. Du côté de Renaissance, les discussions portent notamment sur la maîtrise de l’évolution des prélèvements ; une orientation générale de non-augmentation n’équivaut pas à un barème législatif complet.

Gabriel Attal a proposé en août 2026 de ne plus intégrer au revenu imposable du parent bénéficiaire les pensions alimentaires reçues pour un enfant. Cette proposition est distincte de la taxation des revenus salariaux et suppose de définir sa coordination avec les règles de déductibilité chez le débiteur. Les Républicains ont discuté de modifications de la fiscalité des revenus et du barème, sans qu’un nouveau barème présidentiel intégral attribuable à Bruno Retailleau soit établi ici. De même, une modification précise attribuée à Édouard Philippe ne peut être chiffrée en l’absence de dispositions identifiables.

Le simulateur d’impact fiscal calcule les situations couvertes par des paramètres explicites et documentés. Lorsqu’une annonce ne précise ni seuil, ni taux, ni foyer concerné, elle ne permet pas d’établir un gain ou une charge en euros.

Les limites de cet article

Cet article décrit le mécanisme de l’impôt sur le revenu et rapporte des orientations politiques datées. Il ne constitue ni un conseil fiscal ni une recommandation. La situation personnelle, les autres dispositifs fiscaux et les décisions parlementaires peuvent modifier l’impôt réellement dû. Les propositions pour 2027 ne doivent pas être assimilées au droit en vigueur.

Sources

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