Article de fond · 12 octobre 2026

CSG en 2026 : assiette, taux et différence avec l’impôt sur le revenu

Un prélèvement affecté à la protection sociale

La contribution sociale généralisée (CSG) a pour fonction de financer la protection sociale. Contrairement aux cotisations sociales liées à des droits sociaux déterminés, elle porte sur plusieurs catégories de revenus et contribue au financement général de branches et organismes sociaux. Elle apparaît notamment sur les bulletins de salaire, les décomptes de pension et certains avis d’imposition. La contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) est distincte : elle participe au financement de l’amortissement de la dette sociale.

La CSG et l’impôt sur le revenu ne reposent pas sur le même mécanisme. Le barème de l’impôt sur le revenu est progressif, calculé au niveau du foyer et modulé par le quotient familial. La CSG s’applique généralement selon un taux proportionnel propre à une catégorie de revenus, sur une assiette plus large. Il existe cependant plusieurs taux de CSG et des exonérations, notamment pour certaines pensions et allocations. Il serait donc inexact d’affirmer que tous les contribuables supportent un taux uniforme.

La CSG rapporte davantage que l’impôt sur le revenu si l’on compare les produits globaux de ces prélèvements. Cette comparaison doit distinguer leurs périmètres et les années de référence : la CSG finance la protection sociale, tandis que l’impôt sur le revenu est une recette de l’État. La CSG est également moins immédiatement perceptible dans la vie quotidienne parce qu’elle est souvent prélevée avant le versement du revenu net.

Salaires, indemnités et chômage : des taux et des assiettes différents

Pour les salariés du secteur privé, la CSG est de 9,2 %, dont 6,8 % déductibles du revenu imposable et 2,4 % non déductibles. La CRDS s’ajoute à 0,5 %, sans déductibilité. En règle générale, les prélèvements sont calculés sur 98,25 % du salaire brut dans la limite de 192 240 € en 2026, puis sur la totalité au-delà. Certains compléments de rémunération suivent une assiette à 100 %. Le taux légal ne doit donc pas être appliqué automatiquement à l’intégralité du brut pour estimer chaque retenue.

Les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale relèvent en 2026 d’une CSG à 6,2 %, dont 3,8 % déductibles, et d’une CRDS à 0,5 %. Il s’agit du régime en vigueur au moment de la rédaction : le projet de loi de finances pour 2027 envisage de supprimer le taux réduit de CSG sur certaines indemnités journalières. Il ne s’agit pas d’une modification déjà définitivement adoptée.

Pour les allocations chômage, l’application de la CSG dépend notamment du revenu fiscal de référence du foyer : exonération, taux réduit de 3,8 %, ou taux normal de 6,2 %. La CRDS est généralement de 0,5 % lorsque la personne y est assujettie. Au taux normal de CSG sur ces allocations, la part déductible est de 3,8 % et la part non déductible de 2,4 %. Des mécanismes protègent certaines allocations faibles ; les seuils varient avec la composition du foyer.

Retraites : quatre niveaux de CSG en 2026

Pour les pensions de retraite, le taux dépend du revenu fiscal de référence de 2024, figurant sur l’avis d’impôt émis en 2025, ainsi que du nombre de parts. Les quatre situations sont les suivantes :

  • Exonération : 0 % de CSG, de CRDS et de contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (Casa).
  • Taux réduit : 3,8 % de CSG, entièrement déductibles ; 0,5 % de CRDS ; aucune Casa.
  • Taux médian : 6,6 % de CSG, dont 4,2 % déductibles ; 0,5 % de CRDS et 0,3 % de Casa.
  • Taux normal : 8,3 % de CSG, dont 5,9 % déductibles ; 0,5 % de CRDS et 0,3 % de Casa.

Pour un foyer d’une part, la page officielle Service-Public.fr indique une exonération jusqu’à 13 048 € de revenu fiscal de référence, le taux réduit de 13 049 à 17 057 €, le taux médian de 17 058 à 26 472 €, puis le taux normal au-delà de 26 472 €. Ces seuils ne sont pas ceux des foyers comptant davantage de parts. Certaines hausses de taux sont en outre conditionnées à un dépassement observé pendant deux années consécutives.

Il importe de distinguer le taux de CSG et le total prélevé sur une pension : au taux normal, CSG, CRDS et Casa atteignent ensemble 9,1 %, et non 8,3 %. Les pensions d’invalidité disposent également de règles propres, proches de celles des retraites dans plusieurs situations.

Patrimoine et placements : le changement de 2026

Depuis 2026, certaines catégories de revenus du capital supportent une CSG à 10,6 %, soit 18,6 % de prélèvements sociaux avec la CRDS à 0,5 % et le prélèvement de solidarité à 7,5 %. D’autres conservent 9,2 % de CSG, soit 17,2 % au total : notamment les revenus fonciers des locations nues, les plus-values immobilières et certains produits d’assurance-vie. Le régime dépend de la nature et parfois de la date du revenu.

La part déductible de CSG est en principe de 6,8 % pour les revenus patrimoniaux éligibles lorsque la fiscalité au barème est retenue. En revanche, l’option pour le prélèvement forfaitaire unique ne permet pas cette déduction dans les conditions habituelles. Pour comprendre l’articulation des prélèvements sociaux et de l’imposition forfaitaire du capital, voir l’explication du prélèvement forfaitaire unique.

La déductibilité ne signifie pas un remboursement de CSG. Elle consiste à soustraire une partie du prélèvement du revenu servant de base au calcul de l’impôt sur le revenu, suivant les règles et les années de rattachement applicables. Une CSG non déductible reste comprise dans la base fiscale concernée.

La CSG dans les propositions pour 2027

Le groupe Socialistes de l’Assemblée nationale a présenté le 16 septembre 2026 une CSG progressive sur les rémunérations, financée dans son contre-budget notamment par une contribution sur les très gros héritages. Le groupe a cité un taux de 0,55 % au niveau du Smic. Il s’agit d’une proposition d’un groupe parlementaire, qui ne constitue pas à elle seule un programme individuel d’Olivier Faure ou de Raphaël Glucksmann. Les deux responsables ont défendu des orientations voisines concernant les salaires et les transmissions patrimoniales, sans que tous leurs paramètres puissent être tenus pour identiques.

Dominique de Villepin propose, dans un texte publié le 28 août 2026, une « nouvelle CSG, de taux unique pour tous » et un transfert de cotisations salariales et patronales non contributives vers cet impôt social. Son texte évoque une réforme étalée sur deux quinquennats. Le taux final, les assiettes exactes et les compensations entre catégories de contribuables ne sont pas suffisamment précisés pour calculer une charge par foyer. Un taux unique ne signifie pas nécessairement que chaque revenu net évoluerait de la même façon : il faudrait considérer simultanément les cotisations supprimées.

Le simulateur d’impact fiscal ne peut convertir ces orientations en montants individuels qu’une fois connus leurs champs d’application, taux et calendriers. Une trajectoire de financement de la Sécurité sociale n’est pas, en elle-même, un barème applicable à chaque personne.

Les limites de cet article

Cet article présente les règles générales de CSG et de CRDS en 2026 et rapporte des propositions identifiées. Il ne constitue ni un conseil fiscal ni une recommandation. Les cas particuliers d’assiette, d’affiliation sociale ou d’exonération peuvent modifier les prélèvements ; les textes de 2027 restent susceptibles d’évoluer au cours du processus législatif et électoral.

Sources

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Candidats concernés