Article de fond · 13 septembre 2026

La flat tax (PFU) : mécanisme, taux 2026 et ce que les candidats en proposent

Le prélèvement forfaitaire unique, plus connu sous le nom de flat tax, détermine l'imposition de la plupart des revenus de l'épargne en France. Il concerne les dividendes, les intérêts, les plus-values de cession de titres et les gains sur crypto-actifs. En 2026, son taux a changé pour la première fois depuis sa création.

Ce que recouvre le prélèvement forfaitaire unique

Introduit en 2018, le PFU applique un taux unique aux revenus du capital, quel que soit le niveau de revenu du contribuable. C'est sa différence fondamentale avec le barème progressif de l'impôt sur le revenu, dont les taux s'échelonnent de 0 à 45 % selon les tranches.

Avant 2018, les revenus financiers étaient intégrés au revenu global et imposés au barème. Un contribuable dans la tranche à 45 % voyait donc ses dividendes taxés à ce taux, majoré des prélèvements sociaux. Le PFU a rompu avec cette logique en instaurant un taux fixe, indépendant du reste des revenus.

Le taux applicable en 2026

Jusqu'en 2025, le PFU s'établissait à 30 %, décomposés en 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux.

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé de 1,4 point le taux de CSG sur les revenus du patrimoine et de placement, le portant de 9,2 % à 10,6 %. Les prélèvements sociaux passent donc à 18,6 %, et le PFU global à 31,4 % pour la majorité des revenus financiers.

Cette hausse ne concerne pas toutes les enveloppes. Plusieurs produits ont été explicitement exclus du relèvement et conservent des prélèvements sociaux à 17,2 %, soit un PFU global maintenu à 30 % : l'assurance-vie, les plans et comptes d'épargne-logement, ainsi que les plans d'épargne populaire.

Le taux applicable dépend donc du support détenu, ce qui rend la lecture moins immédiate qu'à l'origine du dispositif.

L'option pour le barème progressif

Le PFU s'applique par défaut, mais le contribuable peut choisir chaque année de soumettre l'ensemble de ses revenus du capital au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Cette option est globale : elle vaut pour tous les revenus financiers de l'année, on ne peut pas la panacher.

Mécaniquement, l'option devient intéressante lorsque la tranche marginale d'imposition est inférieure à 12,8 %, c'est-à-dire pour les foyers non imposables ou situés dans la tranche à 11 %. Elle permet également de retrouver certains avantages que le PFU écarte, notamment l'abattement de 40 % sur les dividendes de sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés.

Il faut noter que les prélèvements sociaux restent dus dans les deux cas : l'option ne porte que sur la part impôt sur le revenu.

Pourquoi ce dispositif est un point de clivage

Le PFU cristallise un désaccord de fond sur la manière d'imposer le capital.

Ses défenseurs avancent qu'un taux fixe et prévisible limite l'évasion des capitaux, encourage l'investissement productif et simplifie une fiscalité devenue illisible. Ils soulignent que les revenus du capital sont déjà taxés une première fois au niveau de l'entreprise, via l'impôt sur les sociétés.

Ses détracteurs objectent qu'un taux unique rompt avec le principe de progressivité qui fonde l'impôt sur le revenu : un contribuable percevant un million d'euros de dividendes est imposé au même taux que celui qui en perçoit mille. Ils y voient un avantage concentré sur les patrimoines les plus élevés, dont les revenus sont majoritairement financiers.

Ce désaccord explique que le PFU figure dans la plupart des programmes présidentiels, dans un sens ou dans l'autre.

Les positions des candidats

La France insoumise propose la suppression du prélèvement forfaitaire unique et la réintégration des revenus du capital au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Dans cette hypothèse, un contribuable situé dans la tranche à 45 % verrait ses dividendes imposés à ce taux, augmenté des prélèvements sociaux.

Les Républicains défendent à l'inverse le maintien du dispositif, au nom de la stabilité fiscale et de l'attractivité des placements en actions françaises.

Plusieurs autres formations n'ont pas pris position explicitement à ce jour, ou évoquent des aménagements sans en préciser les modalités.

Ce que cela change concrètement

L'effet d'une suppression du PFU dépend entièrement du profil du contribuable.

Pour un foyer non imposable ou faiblement imposé, une réintégration au barème serait neutre voire favorable, puisque l'option pour le barème lui est déjà ouverte et qu'il l'exerce généralement.

Pour un foyer situé dans les tranches supérieures et percevant des revenus financiers significatifs, l'écart peut être important : la différence entre 12,8 % et 45 % d'imposition sur la part impôt sur le revenu représente plus de 30 points.

C'est donc une mesure dont l'effet se concentre sur les détenteurs de patrimoine financier, et dont l'impact budgétaire global fait l'objet d'estimations divergentes selon les hypothèses retenues sur les comportements d'épargne.

Les limites de cet article

Cet article décrit un mécanisme fiscal et rapporte des positions politiques. Il ne constitue ni un conseil en investissement ni une recommandation personnalisée. Les règles décrites peuvent évoluer, notamment dans le cadre des lois de finances annuelles, et certaines situations particulières relèvent de régimes spécifiques non détaillés ici.

Sources

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Candidats concernés