Qu'est-ce que la flat tax ?
Le prélèvement forfaitaire unique (PFU), communément appelé « flat tax », est un impôt à taux fixe appliqué aux revenus du capital des particuliers en France. Instauré par la loi de finances pour 2018, il remplace l'ancien système qui soumettait ces revenus au barème progressif de l'impôt sur le revenu.
Le PFU s'applique aux dividendes, intérêts, plus-values mobilières et revenus assimilés. Son taux global est de 30 %, décomposé en deux parts : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux (CSG, CRDS). Depuis janvier 2026, la hausse de la CSG a porté le taux effectif total à 31,4 %.
Quels revenus sont concernés ?
La flat tax s'applique à la quasi-totalité des revenus du capital perçus par les personnes physiques résidentes fiscales françaises :
- Dividendes d'actions françaises et étrangères
- Intérêts de comptes à terme, obligations, comptes courants d'associés
- Plus-values de cession de valeurs mobilières (actions, parts sociales, OPCVM)
- Produits d'assurance-vie pour les versements postérieurs au 27 septembre 2017 et au-delà de 150 000 € d'encours
Certains placements conservent un régime dérogatoire : le livret A, le LDDS et le LEP restent exonérés. Le PEA conserve son cadre fiscal propre après cinq ans de détention.
Comment fonctionne l'option pour le barème ?
Le PFU n'est pas une obligation. Le contribuable peut opter chaque année pour la réintégration de ses revenus du capital au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Cette option est globale : elle s'applique à l'ensemble des revenus éligibles au PFU pour l'année considérée.
L'option pour le barème est avantageuse lorsque le taux marginal d'imposition (TMI) du contribuable est inférieur à 12,8 %. Concrètement, les foyers non imposables ou imposés dans la tranche à 11 % ont intérêt à opter pour le barème. Au-delà, le PFU est généralement plus favorable.
En optant pour le barème, le contribuable retrouve le droit à l'abattement de 40 % sur les dividendes et à la déductibilité partielle de la CSG (6,8 points). Ces avantages n'existent pas sous le régime du PFU.
Quel est l'impact réel du PFU ?
Selon les données de la Direction générale des finances publiques (DGFiP), le PFU a réduit la charge fiscale des contribuables dont le taux marginal d'imposition dépasse 30 %. Pour un foyer dans la tranche à 41 %, la taxation effective des dividendes est passée d'environ 40 % (barème + prélèvements sociaux, après abattement) à 30 % avec le PFU.
Le coût budgétaire du PFU pour les finances publiques a été estimé entre 1,5 et 2 milliards d'euros par an par le Conseil des prélèvements obligatoires. Cette estimation fait toutefois l'objet de débats : certains économistes soutiennent que le PFU a stimulé la distribution de dividendes et donc généré des recettes supplémentaires qui compensent partiellement le manque à gagner.
France Stratégie, dans son évaluation de 2023, a relevé une hausse de 60 % des dividendes distribués entre 2017 et 2022, sans pouvoir isoler la part attribuable au seul PFU par rapport à la conjoncture économique.
Ce que proposent les candidats à la présidentielle 2027
La flat tax est l'un des sujets les plus clivants de la campagne. Les positions se répartissent en trois camps.
Suppression et retour au barème progressif. Jean-Luc Mélenchon (LFI) propose de supprimer le PFU et de réintégrer tous les revenus du capital au barème de l'impôt sur le revenu, dans le cadre d'une refonte à 14 tranches. Les Écologistes et le Parti socialiste s'inscrivent dans une logique similaire, avec des modalités encore à préciser.
Maintien en l'état. Édouard Philippe (Horizons), Gabriel Attal (Renaissance) et Bruno Retailleau (LR) défendent le maintien du PFU. Leur argument principal est la stabilité fiscale et la compétitivité de la place financière française. Retailleau a explicitement confirmé sa volonté de conserver le taux de 30 %.
Réforme partielle. Raphaël Glucksmann (Place publique) et Olivier Faure (PS) ont évoqué une révision du PFU pour rapprocher la taxation du capital de celle du travail, sans nécessairement revenir au barème intégral. Les paramètres précis ne sont pas encore connus.
Comparaison internationale
Le taux de 30 % du PFU français se situe dans la moyenne haute des pays européens. L'Allemagne applique un prélèvement forfaitaire de 26,375 % (Abgeltungsteuer). L'Italie retient 26 % sur les dividendes et plus-values. Le Royaume-Uni utilise un barème progressif spécifique pour les dividendes (8,75 % à 39,35 %).
Les États-Unis appliquent des taux préférentiels sur les plus-values à long terme (0 %, 15 % ou 20 % selon le revenu), mais imposent les dividendes ordinaires au barème progressif fédéral (jusqu'à 37 %).